Pour les aficionados des films de John Waters ou des saisons de la série “The Wire” (Sur écoute), Baltimore, ville de l’excellence de la pauvreté

et de l’humour, est le personnage complexe d’une scène du crime au quotidien quadrillé par un système de vidéo surveillance « qui enregistre tout ».

À Baltimore, la caméra rotative aux flashes bleutés signe la mémoire ou la potentialité de l’événement dangereux, de l’événement susceptible de porter trouble à la tranquillité publique, de l’événement fantasmé par le voisinage. Début ou fin de générique de quelque film noir ? Photographie de l’imminence d’un drame, d’un assassinat ou d’un vol à main armé ? Photographie d’une planque policière ? Image offerte à l’imagination narrative ou sociologique du spectateur ? Guillaume Pallat ne donne aucune réponse définitive, il joue de l’ambiguïté de l’image où la photographie transforme un cauchemar en énigmatique beauté. À chacun de se faire son opinion dans ce jeu trouble de l’observateur observé, où le hors champ est aussi constamment présent à l’image qu’il n’est nulle part, laissé à la virtualité de celui qui décrypte les bandes enregistrées comme à celle du spectateur.

Série photographique réalisée au cours d’une résidence d’artiste à Baltimore, Maryland, USA 2008/2009.